Cher oncle Georg – Mireille Horsinga-Renno

Édition: La Nuée bleue

Date de parution : 2006

Nombre de page : 208 p.

A propos de l’auteur : Mireille Horsinga-Renno est née en 1947 à Strasbourg. Son père était l’un des cent trente mille Alsaciens et Mosellans français incorporés de force dans la Wehrmacht après l’annexion de leur région en 1940 par l’Allemagne nazie. Elle a travaillé comme secrétaire dans les services économiques de l’ambassade de France en Allemagne, puis est revenue s’établir dans sa région natale.

 

Quatrième de couverture :

Les gens heureux n’ont-ils vraiment pas d’histoire ? C’est en cherchant à renouer les fils d’une généalogie dispersée que Mireille Horsinga-Renno s’est retrouvée brutalement confrontée à une histoire de cendres, de terreur et de honte, mêlant les secrets de famille aux sanglantes exactions du IIIe Reich.

Printemps 1940. Son grand-oncle, le docteur Georg Renno, est nommé au château de Hartheim (Autriche), où se trame l’une des pages les plus abominables de la folie nazie, le Programme T4 : l’élimination massive des personnes handicapées, dont la vie est jugée « inutile et improductive ». Avec sa chambre à gaz et son four crématoire, le château de la mort va peu à peu devenir une annexe du sinistre camp de Mauthausen. Des dizaines de milliers de personnes disparaîtront entre ces murs, où l’Etat SS expérimente méthodiquement l’euthanasie à échelle industrielle.

Quand, trente-cinq ans après la fin de la guerre, Mireille retrouve la trace de ce parent jusque-là inconnu, celui-ci coule une heureuse retraite dans la verdoyante Rhénanie. Comment croire que ce vieillard cultivé et si attentionné – qui mourra impuni en 1997 – est le médecin nazi qui fut directement responsable de la sélection et de la mise à mort de milliers d’innocents ? Cherchant à comprendre les ressorts intimes de ce Janus déroutant, Mireille se lance alors dans une éprouvante enquête sur la barbarie ordinaire, mais aussi sur les silences coupables de l’après-guerre. Son livre courageux et sensible, écrit en mémoire des victimes du grand-oncle adoré puis rejeté, est une bouleversante victoire contre le silence et l’oubli.

 

Mon avis:

J’ai lu ce livre dans le cadre de la rencontre organisée avec la maison d’édition La Nuée Bleue , et l’auteur Mireille Horsinga-Renno. Je les remercie pour m’avoir permis de lire ce livre.

Mireille Horsinga-Renno a entrepris un jour des recherches généalogiques. Grâce à ses recherches, elle retrouve un grand-oncle, Georg Renno. Elle sait qu’il a appartenu au parti nazi, mais elle rencontre un homme cultivé et charmant. Qui n’a pas fait des erreurs de jeunesse ? Elle va pourtant changer d’avis quand elle l’entendra dire que les chambres à gaz n’ont jamais existées. Puis elle découvrira qu’il a lui-même participé au programme T4, c’est-à-dire l’élimination des personnes handicapées. Elle n’aura alors de cesse de vouloir découvrir la véritable implication de son oncle. D’abord écrit pour sa famille et son fils, Mireille Horsinga-Renno va décider de publier son livre, d’exposer au monde les actions de son oncle, mort impuni en 1997.

Avant même d’ouvrir le livre, j’ai été frappé par la couverture : noire, avec une photo du docteur Renno, et le titre écrit en rouge sanglant, et une croix gammée judicieusement placée sur le « O » de Georg. En sous titre : « La bouleversante enquête d’une femme sur un médecin de la mort impuni ». Une couverture dure, à l’image du contenu du livre.

L’intérieur est aussi travaillé que l’extérieur. On alterne les chapitres traitant des recherches de l’auteur, et les chapitres traitant de la vie du docteur Renno pendant le régime nazi. Deux polices d’écriture sont utilisées, ce qui fait qu’on reperd très facilement de quoi le chapitre va parler, et on ne s’y perd pas. J’ai beaucoup apprécié l’alternance de chapitre, qui rend le livre plus facile à digérer. Les chapitres sur les recherches de Mireille Horsinga-Renno permettent d’assimiler les passages difficiles des chapitres parlant des actions du docteur Renno, et permettent de reprendre une bouffée d’air.

Car bien évidemment, on sent sa gorge se nouer bien des fois au cour de la lecture. Tout d’abord parce qu’on réalise sans peine que ce qui est décrit est réellement arrivé. On le ressent fortement grâce aux détails des recherches, grâce aux visites de l’auteur à Hartheim, grâce à sa rencontre avec Walter Kohl, un journaliste qui a interviewé Georg Renno avant sa mort. De plus, en dehors de l’aspect scientifique de la démarche de Mireille Horsinga-Renno, certains passages du livre sont assez romancés. On rentre alors plus facilement dans cette époque déjà assez lointaine, dans la vie à Hartheim. On ne ressent alors que plu facilement toutes les horreurs qui y ont été perpétrées. Enfin, justement parce que le style de l’auteur n’est pas parfait (ce qui est normal puisqu’elle n’est pas écrivain), on sent bien que ce livre est un témoignage d’une personne ordinaire qui se retrouve confrontée à une macabre découverte, à un cadavre dans le placard. A travers ses mots, on ressent ses émotions, ses difficultés à rapprocher ce docteur Renno du « cher oncle » qu’elle a connu.

Cher Oncle Georg est un témoignage émouvant, qui nous rappelle qu’il est aussi de notre devoir de nous souvenir, pour que plus jamais de telles choses ne se reproduisent.

Si ce livre vous intéresse, ou que vous n’êtes pas encore convaincue, je vous invite à regarder France 2 le mercredi 15 février vers 22h : Michelle Horsinga-Renno parlera de son histoire dans l’émission Secrets de famille.

 

Chronique de février 2012

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