La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

Titre VOThe Help (lu en VO)

Édition: Penguin Books

Date de parution : 2010

Nombre de page : 464 p.

A propos de l’auteur : Née en 1969, Kathryn Stockett est une romancière américaine. Diplomée de l’Université d’Alabama, Kathryn Stockett S’installe à New York en 2001 et travaille dans l’édition de magazines et dans le marketing. Quelques années plus tard, elle se lance dans l’écriture de son premier roman, dont l’action se déroule dans sa ville natale, Jackson, Mississippi, dans les années 60. (source : www.evene.fr)

Quatrième de couverture :

Jackson, Mississippi, 1962. Black maids raise white children, but aren’t trusted not to steal the silver. Some lines will never be crossed.

Aibileen is a black maid: smart, regal, and raising her seventeenth white child. Yet something shifted inside Aibileen the day her own son died while his bosses looked the other way. Minny, Aibileen’s best friend, is by some way the sassiest woman in Mississippi. But even her extraordinary cooking won’t protect Minny from the consequences of her tongue. Twenty-two-year-old Skeeter returns home with a degree and a head full of hope, but her mother will not be happy until there’s a ring on her finger. Seeking solace with Constantine, the beloved maid who raised her, Skeeter finds she has gone. But why will no one tell her where?

Seemingly as different as can be, Skeeter, Aibileen and Minny’s lives converge over a clandestine project that will not only put them all at risk but also change the town of Jackson for ever. But why? And for what? The Help is a deeply moving, timeless and universal story about the lines we abide by, and the ones we won’t. Itis about how women, whether mothers or daughters, the help or the boss, relate to each other – and that terrible feeling that those who look after your children may understand them, even love them, better than you . . .

Mon avis:

C’est à l’occasion d’un Book Club de Livraddict que j’ai décidé de lire ce roman. J’avais vu l’adaptation cinématographique lors de sa sortie en salle, j’avais beaucoup aimé, donc je me doutais que le roman allait me plaire. Et c’est effectivement le cas.

L’histoire se déroule à Jackson, Mississippi, dans les années 1960. Skeeter est une jeune femme fraichement sortie de l’université et pleine d’ambition. Son rêve : devenir écrivain et quitter sa petite ville pour New York. Quand une éditrice lui donne sa chance, Skeeter la saisie à pleines mains et choisie de traiter d’un sujet dangereux, à cette époque : la vie des aides noires dans les familles blanches. Dangereux pour elle, mais surtout pour les femmes acceptant de lui parler, qui risquent alors plus que leur vie, même si tout ce qu’elles ont à dire n’est pas toujours négatif…

C’est le premier livre sur ce sujet que je lis, et je l’ai trouvé très intéressant. Déjà, du point de vue historique. L’époque est très bien retranscrite, et l’histoire est très réaliste. D’ailleurs, je pense que l’auteur s’est bien documentée, et qu’elle n’exagère pas, dans les anecdotes qu’elle raconte (je me pose juste la question concernant les toilettes séparées des noirs et des blancs. Si quelqu’un sait si c’était vraiment le cas…). Le roman est bien ancré dans la réalité, et il y a de nombreuses références à des évènements ou des personnalités de l’époque (par exemple, la marche sur Washington de Martin Luther King en 1963).

Ensuite, le récit trouve un bon rythme grâce à l’alternance de points de vue : celui de Skeeter, la jeune femme blanche qui écrit le roman, et ceux d’Aibileen et Minny, deux aides noires. D’ailleurs, ce procédé permet d’avoir des visions différentes d’un même évènement, et donc de ne pas se cantonner à la vision « blanche » ou à la vision « noire ». Je trouve que ça donne plus de crédibilité et de profondeur au roman. Et puis, ces différents points de vue permettent d’avoir une vision plus complète de la société de cette époque. Si on n’avait eu que le point de vue de Skeeter, par exemple, beaucoup d’évènements se passant dans le côté noir de la ville nous auraient échappés.

Un autre point fort du roman sont les personnages. Ils sont nombreux et variés (même si essentiellement féminins), et dans l’ensemble plutôt bien travaillés. Ainsi, à part miss Hilly, une amie de Skeeter, à qui je ne trouve pas de point positif, les personnages sont assez nuancés. Les femmes blanches ne sont pas seulement des femmes sans cœur qui exploitent les femmes noires qui travaillent pour elles. Les femmes noires ne sont pas toutes en colère contre les familles qui les emploient. On trouve donc à la fois des témoignages négatifs, tristes, mais aussi des histoires très touchantes. J’aime particulièrement la relation entre Minny et sa patronne, miss Célia. L’auteur a rendu ses personnages crédibles jusqu’à dans leur manière de parler. Miss Skeeter et Aibileen n’utilisent pas le même niveau de langue. Par exemple, en VO, Aibileen ne conjugue pas toujours les verbes (« I be » au lieu de « I am »). C’est un petit détail, mais que j’ai beaucoup apprécié (j’espère que la traduction française a trouvé un moyen de conserver cette particularité). C’est aussi ce qui prouve que le roman est travaillé.

Enfin, je trouve la fin du roman très bonne. L’auteur a choisit de finir son roman avec une fin ouverte. Alors certes, j’ai été un peu frustrée de laisser Aibileen sans savoir ce qui va lui arriver ; mais concernant Minny et Miss Skeeter, je trouve que laisser le lecteur imaginer la suite est une bonne chose.

Bref, j’ai lu ce roman en anglais, et même si je n’ai pas tout compris à 100%, que j’ai du relire des passages plusieurs fois, et que les fautes de grammaire (pour Aibileen, par exemple) m’ont compliqué la compréhension, La couleur des sentiments reste une excellente lecture, et je comprends fort bien le succès du livre. Je suis d’autant plus contente de l’avoir lu que de nombreuses scènes du roman ne sont pas dans le film, des scènes que je trouve pourtant importantes.

Autres avis :

nanieblue ; meldc ; Emily ; reveline ; Nathalie

challenge-litterature-cinema 2012

Chronique d’août 2012

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Une réflexion sur “La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

  1. Je suis bien d’accord avec toi =)
    Le film est bien, mais il manque plein de passages du livre …
    En VF, la différence de niveau de langue entre toutes les « Miss » et les Bonnes est bien présente aussi 😉
    J’ai bien aimé avoir le point de vue des deux côtés aussi. C’est la force du livre.

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